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Le sac du marin
L'AVIRON

L’aviron

 

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Volonté aux avirons

Origine de l’aviron

L’aviron est la base même de la navigation. C’est le premier moteur du bateau primitif. Les premiers hommes qui sont montés sur un tronc d’arbre flottant ont dû d’abord le pousser sur le fond avec un long bâton. Après ils ont dû chercher à faire avancer le tronc avec le bâton qui s’appuie sur l’eau comme avec une pagaie. Nous avions là l’ancêtre de l’aviron.

Encore après est venue la voile et lesdeux modes de propulsion aviron et voile ont été les seuls utilisés pendant des siècles jusqu’à l’apparition du moteur.

De très grands bateaux ont été propulsés aux avirons, la peine des hommes n’était pas chère. Chacun se rappelle l’épisode de Ben Hur sur sa galère romaine, non loin d’ici celui du combat des Vénètes dont les bateaux privés de vent ont été à la merci des bateaux romains dotés d’avirons. Rappelons aussi les Drakkars vikings, fameux « voiles-avirons » qui ont traversé l’Atlantique et conquis l’Europe, et les galères royales de Méditerranée avec leur chiourme et leurs conditions de vie inhumaines.

 

Vocabulaire, linguistique :

Y a t-il une différence entre une rame et un  aviron ?

Jean Merrien nous dit que non, que ce serait une vielle querelle entre marins et gens d’eau douce.


 

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Pelles

L’aviron, sa description 

Beaucoup de différences suivant le type et la taille de bateau

Un aviron est composé d’une poignée, d’un manche, d’un fût (rond ou carré), d’un collet, d’une pelle ou pale. Les avirons peuvent être protégés par une garniture ( bien souvent ils sont garnis de cuir )

 

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La yole de Bantry , son armement

Matériaux

Quel bois ? Bien souvent du frêne, du pin d’Orégon, solide, un peu souple, résistant

Le soin  à apporter aux avirons : 

- dans leur confection : la question d’équilibre est très importante, ni trop long ni trop court. L’aviron doit être adapté à la place qu’il a à bord. C’est déconseillé de faire tirer un débutant sur un mauvais aviron, cela peut le dégoûter de pratiquer.

- dans leur entretien. On peut les garnir, pour éviter l’usure, le mâchage, les frottements bois sur bois, les échardes.

 

Le support de l’aviron

- Dames en croissant : les plus répandues. Elles s’enfilent dans les toletières encastrées dans le bord du bateau

- Portières de nage créées dans le pavois, Encoches pour les avirons.

- Tolets à estrope

 Il est très important que l’aviron puisse sortir instantanément de son support.

 

Les différentes nages

  • Nage à deux : sous-entendu à 2 avirons. Le canotier est au milieu du banc et tient un aviron dans chaque main.
  • Nage à couple : le couple ici ce sont 2 personnes, en l’occurrence 2 nageurs, assis sur le même banc et chacun manoeuvrant un aviron du côté où il se trouve.

Les grandes chaloupes de la marine nationale pouvaient armer 7 avirons de chaque côté du bateau. Les yoles de Ness nagent à couple.

  • Nage en pointe : Ici chaque nageur a un banc à lui tout seul, il est calé d’un côté du bateau et il nage sur l’autre bord. Les yoles de Bantry sont armées avec des avirons nageant en pointe, cela implique un aviron long car il doit traverser toute la largeur du bateau avant de prendre appui sur l’eau.

 

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la nage en pointe sur yole de Bantry

Voile et aviron

Sauf cas particulier et vent faible, l’usage de la voile exclut celle de l’aviron. La vitesse du bateau et sa gîte empêchent physiquement l’usage des avirons. (sauf aviron de queue qui agit comme un gouvernail). Gare à l’aviron engagé sur un bateau lancé à la voile !

 

La pratique de l’aviron

Conduire un bateau voile-aviron à l’aviron ou à la voile, est-ce différent ? Oui .

Les sensations sont différentes. On se sent plus en sécurité à l’aviron, qu’à la voile. On est moins tributaire des éléments extérieurs, on est plus manoeuvrant, plus stable. On peut s’arrêter presque  instantanément, culer. Ce n’est pas le cas à la voile car le bateau lancé exige un certain temps d’évolution et un certain espace pour s’arrêter. Il ne peut culer.

Mener le bateau à l’aviron et à la voile c’est presque 2 techniques distinctes. C’est tout l’intérêt de nos bateaux où à chaque sortie on peut découvrir, expérimenter quelque chose.

 

A quel âge pratique t-on l’aviron ?

Il n’y a pas de critères précis. La réponse est fonction du bateau , de la taille et du poids des avirons mais aussi de la force, de la morphologie, de la maturité du jeune qui débute. Pour la yole de Bantry on parle de 14 ans au moins . On a quand même vu des garçons plus jeunes s’y mettre. .Il faut  tout de même être prudent.

 

Les capacités physiques que requiert l’aviron

D’après plusieurs études, l’aviron serait le sport qui,  après la natation, solliciterait le plus le cœur. Nous ne pratiquons pas l’aviron dans la seule perspective de la compétition,  mais il faut néanmoins que chaque équipier présente un certificat médical  le déclarant apte à la pratique de l’aviron.

 

Comment mener le bateau à l’aviron

C’est la responsabilité du patron, du chef de bord ;

On lui demande des qualités techniques, pédagogiques, psychologiques. Il doit avoir prioritairement le sens de la sécurité du groupe et du matériel. Il doit anticiper tous les éléments de la sortie, tenir compte de la météo, de l’équipage dont il dispose, des difficultés éventuelles de son périple, de l’état  et des capacités de son bateau,

Il doit avoir en tête , en tout cas globalement,un plan de navigation.  Il doit savoir aussi par exemple, que s’il s’éloigne vent arrière de son point de départ il aura à rentrer au  près serré si le bateau le permet – ce n’est pas le cas pour les yoles de Bantry. Dans tous les cas, si le vent tombe, ce sera le retour à l’aviron.

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Avant partout : 2 !

Le geste : se pencher vers l’avant et pousser l’aviron le plus loin vers l’avant, à  l’ordre « 2 »  plonger la pelle dans l’eau et ramener l’aviron vers soi en position de départ.

Il faudrait une étude scientifique du mouvement pour savoir quel est celui qui est le plus efficace mais on peut dire que la manoeuvre de l’aviron s’apprend un peu sur le tas et avec la pratique.

La cadence : il important d’apporter un soin particulier à la cadence des avirons plongeant ensemble dans l’eau. Une  cadence impeccable n’est pas seulement un souci esthétique, c’est un impératif d’efficacité. Il n’y a pas moins marin et plus laid qu’un voile-aviron jouant les mille-pattes et chacun sait que des avirons plongeant les uns après les autres entravent l’avancée du bateau.

Faire acquérir à l’équipage une belle cadence doit être l’objectif du chef de bord. Ce n’est pas toujours facile, il faut un peu de patience pour que chacun acquière le bon geste. Il faut souvent relancer en rappelant  clairement «  ensemble tribord, bâbord ou partout » suivant le cas. Sauf cas exceptionnel éviter de singulariser un nageur un peu défaillant. En général il se reconnaît dans le rappel général sur son côté.

La cadence s’adapte à l’état de la mer, du plan d’eau. Sur une mer plate on peut nager assez près de l‘eau. Au contraire sur une mer formée les équipiers devront élever les avirons au dessus de vagues. Dans ces conditions c’est vrai qu’il n’est pas facile de tenir une cadence chaque équipier est plutôt préoccupé de savoir s’il a de l’eau sous sa pelle. On privilégiera dans ce cas plutôt l’efficacité à  l’esthétique.

L’aviron engagé : c’est l’erreur la plus commune du débutant, mais pas seulement. Un moment de distraction et le nageur est embarqué. L’aviron enfourne et projette le nageur sur l’arrière d’autant plus violemment que la vitesse du bateau est forte. C’est un problème sérieux.

Dommage corporel : l’aviron peut blesser le nageur à la poitrine et le faire chuter lourdement  sur l’arrière

Dommage matériel. : l’aviron fait bras de levier sur la portière de nage et peut fendre la fargue.

L’aviron peut casser.

Il faut réagir vite. Stopper le bateau par un « pelle dans l’eau »

Faire sortir l’aviron hors de l’eau en appuyant fortement sur  la poignée et le fût. C’est là qu’il est utile de placer un équipier confirmé derrière le débutant pour qu’il ait immédiatement le geste adéquat. L’équipier qui « engage » est en général  trop désorienté pour l’avoir.

 

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rangement des avirons à quai

Les principaux ordres sur les yoles de Bantry

En avant : « Avant partout »

En arrière : « Scier »

Agir sur la vitesse :

« Pelle dans l’eau »  (stopper, freiner le bateau)

« Souquer » (mettre toute sa puissance)

« Endurer » (suivre la cadence, sans forcer)

Interrompre la propulsion : « Lève rame »

Réduire la largeur du bateau, accostage :

« Rentrer les avirons »

« Laissez courir »

La manœuvre laisser courir est sans doute la plus délicate à  maîtriser. Le plus important est de bien dégager l’aviron de sa portière de nage. Avec l’erre du bateau, il se plaquera contre son flanc.

 

Rangement des avirons, leur utilisation lors du passage à la voile.

Le chef de bord donne l’ordre « laissez courir » et « rentrez les avirons». Les avirons sont laissés provisoirement sur le plat-bord.

Les mâts sont dressés et les voiles envoyées. On range alors les avirons de part et d’autre du bateau proprement le long du pavois. Ils sont saisis sur les serres. On garde un aviron libre de chaque côté, ils serviront à aider au virement de bord.

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Peut-on armer une voile et quelques avirons ?

Oui, en certaines circonstances. Par vent faible irrégulier et mer plate, on peut armer une misaine et 4, voire 6 avirons. Mais il faut être très vigilant. Quand la voile ne porte plus on actionne les avirons, quand le vent revient il faut lever haut les avirons, les virer pour présenter le tranchant de la pelle parallèle au bateau et doser au mieux le rappel. Cette manoeuvre peut être utile pour rentrer au port en gardant la voile le plus longtemps possible et être prêt à réagir tout de suite aux avirons.

 

L’aviron de Queue 

Ce n’est pas une godille, c’est un aviron qui peut faire office de gouvernail de fortune. Il faut en tableau arrière une dame de nage.

 

La godille 

C’est un aviron qui permet de propulser un bateau à partir de son arrière. L’aviron est mu en mouvement de huit. Un bateau lourd et long comme la yole de Bantry peut difficilement être propulsé par ce moyen mais sur la plupart des bateaux Voile-aviron c’est un outil indispensable. Une godille peut tirer de bien des situations. En manœuvrer une n’est pas très compliqué mais cela demande un petit apprentissage.

Jean Merrien clôture son chapitre sur la godille par ces commentaires : « au total, c’est une grave infériorité, parfois un risque que ne pas savoir godiller et -si facile- vraiment une honte ! »

 

Sources :

-         Naviguez sans voile de Jean Merrien (collection Marabout, ed. 1965)

-         Petit manuel du yoleur (le Chasse Marée/Armen)

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Touline.... qui es-tu ?

Touline... qui es-tu ?

par Yves Luchetti

 

Pour moi , c’est le premier lien entre le navire et la terre lors d’un accostage. J’ai découvert le terme de touline sur les yoles (plus habitué au lance-amarre utilisé par les boscos de la Royale ) lors d’une épreuve de l’Atlantic Challenge, celle du transfert de sac .

 

 Une touline, malgré sa ressemblance et sa fonction  n’est pas un lance-amarre, il s’agit d’un cordage fin à l'extrémité duquel est fixé un nœud en forme de boule nommée «  pomme de touline » ou nœud de poing de singe . Le mot touline viendrait d'une déformation du mot anglais towline (littéralement, « ligne de remorquage »). Ce nœud est relativement difficile à réaliser par un novice.

La pomme de touline permet d'alourdir l'extrémité d'un cordage qui doit être lancé. Pour la rendre plus lourde ou plus ferme, on peut y introduire une bille ou une pierre ronde. Elle convient également comme nœud décoratif, par exemple pour orner un porte-clés. Vu son long temps d'exécution, ce nœud est en général définitif. Pour alourdir provisoirement l'extrémité d'un cordage, on préfèrera un  nœud de capucin ou un nœud de franciscain, plus rapides à nouer.

Pour le lancer à la main, la ligne est lovée de manière à faciliter son déroulement sans que des nœuds se forment lors du déploiement .

 

 Le lance-amarre, lancé à la main, sert de messager pour faire passer une amarre du navire au quai ou à un autre navire. Il existe une version pour grande distance ou conditions particulières c’est l'appareil ou fusil lance-amarre, qui est un engin capable, à l'aide d'une charge propulsive, de déplacer un fin cordage d'un navire vers un autre navire, ou d'un navire vers la terre, et ce sur une bonne distance . Le lance-amarre est parfois appelé porte-amarre. Pour les anglophones, il est nommé line-throwing gun chez nos voisins saxons.

Un lance-amarre, est tout d'abord un cordage fin à l'extrémité duquel est raccordé un  nœud en forme de boule qu'on appelle une pomme de lance-amarre. Cette dernière est constituée de 2 bouts pliés pour former une poignée. On commence le tressage par un « cul de porc »  surmonté par une «  tête d’alouette » ; il faut ensuite faire 3 à 4 passes et terminer à l’intérieur du coté des ganses. Les équipes de quai ou lamaneurs, n’aiment pas que ces pommes contiennent un lest, c’est pour cela qu’elles sont simplement alourdies par un trempage dans de la peinture, qui peut servir à les différencier selon la teinte. Il est arrivé que les lamaneurs coupent le lance-amarre pour montrer leur désapprobation . .Image

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 Boule, fusil ou canon spécial appelé aussi porte-amarre, permettant de lancer une amarre ou une aussière à bonne distance vers un quai ou un navire.

 

 

 Ce cordage, une fois passé, est également utilisé comme messager pour transférer un autre cordage de plus gros diamètre, puis finalement une aussière ou une remorque (aussière de fort diamètre spécialement conçue pour le remorquage des navires).

 

Il est parfois nécessaire d’établir un lien entre un navire en difficulté et les sauveteurs, en mer ou à terre. Le lien, une ligne, permet alors l’installation d’un va-et-vient entre le navire et les sauveteurs. En mer, pour un bateau en difficulté et qui ne peut pas être approché, les sauveteurs envoient la ligne, en laissant dériver une bouée ou utilisent un lance-amarre.

Le bâton plombé, premier lance-amarre, sera remplacé, à partir de 1930, par le pistolet lance-amarre. Le va-et-vient rudimentaire installé, les hommes secourus sont ramenés dans l’eau, si possible soutenus par leur ceinture de sauvetage.

 

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L'Antoinette

Anecdote tragique en pays bigouden :

Lors du naufrage de l'Antoinette* , trois mâts goélette construit aux chantiers de la Loire à Nantes en 1902, sur la côte de Tréguennec le 6 janvier 1912 , l'équipage fut sauvé grâce à un va-et-vient établi par les douaniers de Kérity. Ce bateau avait été abandonné par son remorqueur dans une grosse tempête.

L’intervention, par voie terrestre en raison d’une mer démontée, réunit les équipages des canots de sauvetage des trois stations de Penmarc’h et le personnel du poste des Douanes de Kérity.

* S’agit-il du même bateau , mouillé le 2 décembre 1911 au port du Palais à Belle Ile ; suite à un équipage pour moitié alité et moribond par le béribéri ?

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Petit canon lance-amarre sur civière. Celui de Kerity devait être du même type. Tout le matériel d'interventiion était chargé dans un fourgon garé dans un abri proche du poste des douanes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pistolet lance amarre de Ploumanac’h :

Le pistolet lance-amarre de marque Schermulg a la forme d'un pistolet, avec une crosse en bois de forme incurvée, un manche articulé en Bakélite, une bascule en laiton et un canon en fer. L'ensemble mesure 40 cm de longueur. Il dispose de cartouches à percussion. Il remonte à la première moitié du XX eme siècle

Ce pistolet lance-amarre était utilisé sur le bateau de sauvetage "Aimé-Hilda" de Ploumanac'h construit en 1948

Photos Association Papapoydenot

 

 

 

 

 
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